La petite fille aux allumettes

« Bonne fin d’année à tous ! » disait en silence la bouche de la présentatrice météo sur les télévisions du grand magasin. La Petite Fille, le nez collé à la vitrine arrivait à lire sur les lèvres de la dame météo: « Bonne fin d’année à tous ! ». Que ce sourire était beau alors que derrière la présentatrice la carte du pays indiquait qu’il allait faire très froid cette nuit-là. Mais la Petite Fille n’avait nulle part où aller, personne ne la connaissait dans cette grande ville, mise à part le Garçon qu’elle avait rencontré quelques semaines auparavant. Il lui apprenait comment bien faire la manche avec son petit violon. L’année n’était pas finie, il restait une nuit d’hiver à tenir. Mais il faisait un froid terrible et elle n’avait rien mangé depuis la veille… 

Elle a faim et froid, la petite musicienne des rues. Elle a si faim et froid qu’elle n’a pas de rêve à atteindre. La seule chose qu’elle possède est son violon et son désir de vivre. Elle fait quelques rencontres : un garçon des rues, une fée, un chevalier, un chanteur… Sont-ils vivants comme elle ou des mirages sortis de son esprit ? On ne sait plus. Ils tentent de l’aider à leur manière. Une version très poétique du conte d’Andersen. 

 

Joachim Latarjet n'a gardé que peu de choses du conte d'Andersen,si ce n'est l'allumette comme élément  théâtral qui amène les  visions. Qu'une petite fille tente de gagner de l'argent en vendant des allumettes inscrivait trop clairement le conte dans le passé,ici l'action se passe aujourd'hui, et la petite fille est une violoniste de rue qui joue mal.